Le séduisant Docteur Jivago a une connaissance approfondie de l’Empire ottoman, et il ne tarde pas à baptiser affectueusement Jean-Yves « Haydar Pacha. » C’est ainsi qu’il le présentera par la suite à ses amis.

Omar est un homme délicieux de douceur et de simplicité, ainsi que d’une patience infinie avec les enfants. J’ai le souvenir d’un week-end en Normandie, où nous l’avions rejoint chez des amis avec notre fils et l’un de ses camarades de classe, qui avaient alors huit ou neuf ans. Le film « Lawrence d’Arabie » était passé quelques jours avant à la télévision, et les enfants se réjouissaient de rencontrer l’une de ses vedettes, oubliant que bien des années avaient passé…Aussi, on peut imaginer notre embarras quand le petit Xavier, l’ami de notre fils, marque un temps d’arrêt devant Omar tandis que ce dernier lui tend la main, avant de déclarer : c’est drôle, je vous ai vu l’autre jour à la télévision, mais vous n’aviez pas l’air aussi vieux !

Loin de se vexer, Omar s’est mis à rire, et il a passé une partie de l’après-midi à expliquer aux enfants les trucages de cinéma, les flèches qui donnent l’impression d’entrer dans un torse alors qu’on les filme à l’envers, en train d’en sortir, et bien d’autres petits secrets…

 

 

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Nous sommes en 1979, et c’est à cette époque qu’Erkan Özerman nous invite en Turquie pour la première fois. Je l’ai dit, Jean-Yves était réticent, mais l’accueil qui nous est réservé est plutôt chaleureux, et nous prenons ce séjour comme une agréable parenthèse. Après quelques jours à Izmir, nous sommes invités à Ankara, pour une visite officielle au Parlement. Puis direction Istanbul, où là aussi on nous déroule le tapis rouge, toujours suivis par une meute de paparazzis. Tout ça a un côté complètement surréaliste mais plutôt agréable, il faut bien l’avouer.