Quoi de plus difficile que l’emploi du « je » lorsqu’on écrit autre chose qu’un roman ? Comment ne pas tomber dans le piège du nombrilisme et de  l’autosatisfaction, au risque de voir ses chevilles enfler démesurément ? Après une longue valse - hésitation, j’ai décidé de relever le défi. Me voici donc devant mon ordinateur, chaussée de bottines bien serrées, et légèrement atterrée devant l’ampleur de la tâche. Il y a plusieurs années que mon entourage me pousse à raconter ma vie, que je trouve assez banale puisque c’est la mienne, mais j’étais occupée à autre chose. Finalement, c’est l’intérêt d’un éditeur turc qui m’a décidée…

         Les hasards de la vie m’ont fait croiser de nombreuses célébrités et ce récit sera souvent saupoudré de paillettes, ce qui en agacera plus d’un, mais je ne l’ai pas fait exprès, je plaide non coupable, Monsieur le Président…

         La vie n’est un long fleuve tranquille pour personne, et je ne déroge pas à la règle. J’ai connu des périodes d’un faste inouï, d’autres de dénuement absolu,

mais j’ai eu la chance de voyager dans le monde entier, de faire des rencontres passionnantes, et je ne pense là pas forcément aux célébrités précitées, de vivre des aventures hors du commun, tant matérielles que spirituelles, et surtout de vivre une merveilleuse histoire d’amour que seule la mort pouvait interrompre, j’ai un fils que j’adore, et si je devais renouveler le bail, je le ferais sans hésiter.

         Ayant dansé au Crazy Horse, je connais l’impudeur de se mettre à nu, toutefois je suis sûre que vous ne m’en voudrez pas si je préserve quelques parcelles de mon jardin secret.

         Mais voici que retentit le dernier appel pour Istanbul. Il est temps d’embarquer. Qui m’aime me suive…